Un claquement pendant un perçage, une odeur âcre, ou le courant qui tombe d'un coup : la mèche a de fortes chances d'avoir rencontré quelque chose qu'elle n'aurait pas dû. Le réflexe est de ne plus rien toucher près du trou, de ne pas remettre le circuit sous tension pour vérifier, et de faire contrôler l'installation par un électricien. Voici comment se comporter, dans l'ordre, sans se mettre en danger.
Ce qu'un câble touché pendant un perçage peut provoquer
Selon l'endroit où la mèche est passée, un câble peut être simplement entamé, percé de part en part, ou voir sa gaine arrachée sans que le conducteur soit atteint. Les conséquences ne sont pas les mêmes : parfois le circuit se coupe net, parfois rien ne se passe de visible, parfois une fuite de courant fait réagir une protection. Un claquement, une étincelle ou une odeur ne suffisent pas à savoir ce qui s'est passé derrière la cloison.
Le disjoncteur et le différentiel ne jouent pas le même rôle. L'un coupe le circuit qu'il surveille quand quelque chose ne va pas ; l'autre réagit à une fuite de courant et protège les personnes. Voir l'un ou l'autre déclencher ne permet pas de trancher entre un câble abîmé, un appareil fatigué et une surcharge : c'est un indice, pas une conclusion. Le guide qui explique la différence entre court-circuit ou surcharge aide à y voir plus clair sans rien démonter.
Les premiers gestes, sans toucher à la zone du trou
Tant que le circuit n'est pas hors tension, la mèche, l'outil, le bout de câble qui dépasse et la boîte encastrée doivent être considérés comme pouvant être sous tension. On ne les touche pas, on ne tire pas sur l'outil pour le dégager, on ne démonte rien et on ne mesure rien. On s'écarte et on évite que quelqu'un d'autre s'approche de la zone.
- Une personne qui a ressenti un picotement ou une décharge en tenant l'outil, ou qui s'est brûlée : il ne faut pas la toucher tant que le courant n'est pas coupé, et on appelle le 112.
- De la fumée ou des flammes : on s'éloigne et on appelle le 112.
- Un doute sur ce que la mèche a rencontré, même sans bruit : on arrête tout et on fait vérifier le circuit.
Couper l'électricité au tableau, avec les bonnes conditions
Pour arrêter le courant, la manœuvre se fait au disjoncteur général, et seulement si le tableau réunit quatre conditions : il est au sec ; on peut l'atteindre sans marcher dans l'eau ; il n'a pas pu être atteint par l'eau, ce qui compte si le perçage a eu lieu dans une pièce humide ou juste au-dessus de lui ; et il ne chauffe pas, ne grésille pas et ne sent pas le brûlé. Si une seule de ces conditions manque, on n'y touche pas, on s'en éloigne et on appelle.
Une manette chaude, un grésillement ou une odeur de brûlé au niveau du tableau changent tout, même avec les mains sèches : on ne manœuvre rien. Il en va de même si de l'eau a pu couler jusqu'à lui.
Avant de manœuvrer, il vaut mieux savoir ce qu'on regarde : le guide pour repérer le disjoncteur général sans rien démonter décrit ce qui se lit sur la façade.
Ne pas remettre sous tension pour vérifier
Réenclencher en espérant que le courant revienne est le geste à éviter. La portion de câble touchée peut rester au contact du métal de la mèche, une gaine arrachée peut laisser un conducteur à nu, et le défaut peut se trouver derrière la cloison sans que rien ne le montre. On laisse donc le circuit coupé, on ne rebranche rien dans la pièce et on n'utilise pas un appareil dont on ne sait pas s'il a été atteint.
Reboucher le trou, revisser la fixation ou repeindre passe après. Tant que le circuit attend un contrôle, la zone reste dégagée et rien n'y est posé.
Une prise, une fiche ou un appareil qui chauffe
Un circuit abîmé ou chargé peut aussi se manifester plus loin, au niveau d'une prise : une fiche tiède, un grésillement, une odeur. Un échauffement ne se minimise jamais. On cesse de se servir de la prise et de l'appareil, on n'y branche plus rien, et on ne touche pas et on ne débranche pas la fiche, la prise ou l'appareil en cause.
Il reste à mettre hors tension le circuit concerné, au tableau, aux quatre conditions rappelées plus haut : tableau au sec, accessible sans marcher dans l'eau, qui n'a pas pu être atteint par l'eau, et qui ne chauffe, ne grésille ni ne sent le brûlé. Si ce n'est pas le cas, on n'y touche pas et on appelle. Dans tous les cas, la prise ou la fiche en cause ne reste pas sous tension en attendant le professionnel. La page sur l'odeur de brûlé et prise qui chauffe décrit ce qu'on peut vérifier à distance.
Quand appeler un électricien, et ce qu'il fait
Dès qu'un perçage a provoqué un claquement, une coupure, une étincelle ou une odeur, le contrôle demande un électricien. Il localise le passage du câble dans la cloison, ouvre la zone proprement, remplace la portion abîmée et vérifie le circuit concerné ainsi que les protections qui le surveillent. Le remplacement d'une pièce abîmée fait partie de son travail ; pour le reste, il vous dira ce qu'il constate sur place.
Un logement récent n'est pas à l'abri : les gaines ne suivent pas toujours les plans qu'on imagine. Dans une installation ancienne, un câble peut se trouver là où on ne l'attend pas : c'est un cas possible, à faire vérifier, sans en déduire que l'installation est vétuste ou dangereuse.
En attendant, le circuit reste coupé et la zone du trou tranquille. Pour situer le type de défaut en jeu, la page sur le court-circuit dans une cloison reprend les signes à repérer et les réflexes qui vont avec. Si plus rien ne fonctionne dans le logement, le problème dépasse le circuit percé et mérite d'être examiné comme une panne générale.
Pour aller plus loin
- Dépannage à domicile (Service-Public.fr)
- Doit-on signer un devis ou un contrat avant de faire réaliser des travaux dans son logement ? (Service-Public.fr)
- SignalConso : signaler un problème avec un professionnel