Une coupure de courant la nuit se gère d'abord en s'organisant : une lampe à piles ou la torche du téléphone pour s'éclairer, jamais une bougie, le réfrigérateur et le congélateur gardés fermés, et l'essentiel regroupé à portée de main. Le reste — comprendre l'origine, remettre le courant — se décide au jour ou avec un professionnel, pas à tâtons dans le noir.
S'éclairer avec une lampe, jamais avec une flamme
Dans un logement privé de lumière, la bougie vient vite à l'esprit. C'est justement ce qu'il faut écarter : une flamme nue dans une pièce où l'on circule sans voir clair, entourée de tissus, de papiers et de meubles, expose à un départ de feu. Une lampe à piles, une lampe frontale ou la torche du téléphone permettent de s'orienter sans ce danger.
- On garde la lampe à portée de main et on la pose à plat, sur un meuble stable, plutôt qu'au bord d'une table.
- Le téléphone sert de secours : on baisse la luminosité de l'écran et on évite de laisser la torche allumée en continu, pour ne pas vider la batterie.
- On éclaire avant de se déplacer. On ne traverse pas une pièce noire en se guidant au toucher.
- Aucun briquet, aucune allumette, aucun photophore : la flamme reste éteinte, quelle que soit la longueur de la coupure.
Un logement plongé dans le noir n'est pas un décor de camping : le mobilier, les tapis et les jouets restent là où ils sont, et c'est le pied qui les trouve en premier.
Réfrigérateur et congélateur : garder les portes fermées
Le froid accumulé dans un réfrigérateur ou un congélateur s'échappe à chaque ouverture de porte. On ne les ouvre donc pas pour vérifier où en est la température, ni par curiosité. Si l'on doit vraiment prendre quelque chose, on prépare ce qu'on cherche, on ouvre une fois, on referme.
Impossible de dire ici combien de temps les aliments restent consommables : cela dépend de la température de départ, du volume occupé, de la nature des produits et du nombre d'ouvertures. On ne se fie pas non plus au seul aspect ni à l'odeur pour décider qu'un aliment est resté bon. Au moindre doute, il ne se consomme pas.
Regrouper ce dont on a besoin et rester au même endroit
La nuit se passe mieux si l'on évite les allers-retours. On choisit une pièce, souvent la plus centrale, celle où l'on peut s'asseoir, et on y rassemble ce qui servira jusqu'au matin :
- la lampe et, si possible, une seconde source de lumière ;
- le téléphone, et une batterie externe si vous en avez une ;
- de quoi se couvrir, des chaussons ou des chaussures aux pieds ;
- une bouteille d'eau et ce qui est nécessaire pour la nuit ;
- les papiers utiles et les médicaments en cours.
On prévient les personnes qui vivent avec vous de l'endroit où vous vous tenez. On évite d'aller ouvrir des placards, de déplacer des meubles ou de chercher des affaires dans le noir.
Un danger dans le noir : le 112
Certaines situations ne se gèrent pas avec une lampe et de la patience. Devant de la fumée ou des flammes, on s'éloigne et on appelle le 112. Une personne électrisée ne se touche pas tant que le courant n'est pas coupé ; on appelle le 112. Une personne brûlée justifie le même appel. Rien de tout cela ne se règle seul, la nuit, à l'aveugle.
Aucune rallonge tirée depuis un autre logement
Quand un voisin a encore du courant, l'idée d'une rallonge paraît simple. On ne la met pas en place : le câble passe par une porte ou une fenêtre, se coince, s'écrase, et la prise d'accueil se retrouve à alimenter tout un logement. L'éclairage, le froid et l'électroménager ne se branchent pas sur la prise d'à côté, et la coupure est toujours là quand on débranche.
Dehors, si un câble est tombé au sol, dans la rue, la cour ou le jardin, on ne s'en approche pas : on s'éloigne et on appelle le 112.
Voisinage coupé ou logement seul : ce que cela change
Le premier repère est simple : regardez si d'autres logements sont dans le noir en même temps que vous. Quand les voisins sont coupés aussi, la cause se situe probablement hors du logement, du côté du réseau public ou de l'alimentation de l'immeuble, sans qu'on puisse trancher d'ici. Le gestionnaire du réseau est alors concerné, et chercher une panne dans votre installation ne donnera rien. Ce cas est détaillé dans quand les voisins sont coupés aussi.
Si vous êtes le seul dans le noir, l'installation du logement devient une piste, sans exclure le branchement ou le compteur. Un appareil, un circuit ou un point de contact peuvent être en cause ; un signe oriente le diagnostic, il ne le conclut pas. Le guide quand rien n'a sauté au tableau décrit les vérifications possibles sans rien démonter.
Quand faire appel à un électricien
Le courant ne revient pas, il revient puis repart, un circuit reste mort, ou l'origine vous échappe : la situation mérite un regard professionnel. Pour faire venir un électricien en urgence, on décrit précisément ce qu'on a constaté : le moment approximatif de la coupure, les pièces concernées, ce qui s'est passé juste avant, un orage, une odeur, un appareil branché.
Sur place, le professionnel examine le tableau et les circuits, cherche l'origine du défaut, puis remplace une pièce abîmée si c'est ce qu'il faut. Il vérifie l'installation avant de la remettre en service : rien ne se remet sous tension pour voir ce que cela donne. La suite, une fois le courant rétabli, est décrite dans ce qui se passe à la remise en service.
En attendant, on ne bricole pas : pas de réparation de fortune sur une prise, pas de fil nu, pas d'appareil mouillé ou noirci que l'on rebranche. Un tableau qui a pu être atteint par l'eau, qui chauffe, grésille ou sent le brûlé ne se touche pas, même s'il paraît sec : on s'en éloigne et on appelle. Le reste peut attendre le jour, avec une lampe à portée de main et les portes du froid bien fermées.
Pour aller plus loin
- Dépannage à domicile (Service-Public.fr)
- Doit-on signer un devis ou un contrat avant de faire réaliser des travaux dans son logement ? (Service-Public.fr)
- SignalConso : signaler un problème avec un professionnel